
Un projet SketchUp pensé pour associer agencement, volumes, matières, couleurs et décoration d’intérieure.
Une belle image 3D peut séduire un client. Mais lorsqu’on utilise SketchUp en décoration intérieure, une belle 3D ne suffit pas. Dans un véritable projet d’aménagement, ce n’est que le début.
Parce qu’un projet évolue presque toujours.
Le client aime l’ambiance, mais souhaite déplacer la table. Il trouve finalement la cuisine trop présente. Il hésite entre deux canapés. Il veut conserver une armoire qui n’était pas prévue au départ. Il demande une autre couleur de mur. Le budget oblige à revoir certains choix. Un artisan signale une contrainte technique.
Et parfois, après plusieurs modifications, le client revient à la première proposition.
C’est là que l’on mesure la différence entre savoir réaliser une jolie 3D sur SketchUp et savoir construire un projet SketchUp réellement exploitable dans les métiers de l’aménagement et de la décoration intérieure.
Le premier projet est rarement le projet définitif
Après plus de treize ans d’expérience comme architecte d’intérieur, je peux l’affirmer : un projet avance rarement en ligne droite.
On part de l’existant, des besoins du client, des contraintes du lieu et de son budget.
On réfléchit à l’agencement.
On vérifie les circulations.
On teste les volumes.
On travaille l’ambiance, les matières, les couleurs, le mobilier.
Puis le projet évolue.
C’est normal.
Un client a parfois besoin de voir une proposition en 3D pour comprendre qu’une implantation ne lui convient pas totalement. Une solution peut sembler évidente sur un plan et perdre de son intérêt lorsqu’on découvre réellement les volumes. À l’inverse, une idée qui paraissait audacieuse peut devenir convaincante une fois modélisée.
Dans un projet de décoration intérieure, les choix esthétiques évoluent eux aussi : un bois plus clair, une crédence différente, une couleur de mur moins soutenue, un autre luminaire, un meuble remplacé, une ambiance plus chaleureuse…
La question n’est donc pas seulement de savoir créer un projet.
Il faut pouvoir le faire évoluer sans tout recommencer.
« Pouvez-vous me montrer une autre version ? »
Cette phrase, tous les professionnels de l’aménagement intérieur finissent par l’entendre.
Et c’est précisément à ce moment-là qu’un fichier SketchUp bien construit prend toute sa valeur.
Imaginons quelques demandes très courantes :
- « Et si on mettait le canapé dans l’autre sens ? »
- « Peut-on essayer une cuisine avec un îlot ? »
- « Je voudrais finalement conserver mon buffet. »
- « Pouvez-vous me montrer le mur en terracotta plutôt qu’en vert ? »
- « Et si on supprimait cette cloison ? »
- « J’aimerais voir une version avec davantage de rangements. »
- « Finalement, je préfère la première proposition… »
Sur le papier, certaines de ces modifications semblent simples.
Mais dans un fichier mal organisé, elles peuvent rapidement devenir chronophages.
Une cloison est liée au sol. Un meuble colle à la géométrie voisine. Déplacer un élément déforme autre chose. Les différentes versions du projet se mélangent. On ne sait plus quelle proposition correspond à quoi.
On perd du temps.
Et surtout, on commence à hésiter avant même de tester une nouvelle idée, parce que l’on sait que la modification sera compliquée.
Pour moi, c’est un vrai problème.
Un outil de conception ne doit pas freiner la réflexion.
Pourquoi certaines modifications prennent cinq minutes… et d’autres deux heures
Deux personnes peuvent produire une image 3D assez proche sur SketchUp.
Pourtant, leur manière de travailler peut être totalement différente.
La première a construit son projet au fur et à mesure, sans véritable organisation. Visuellement, le résultat peut être séduisant. Mais dès qu’il faut déplacer une cloison, modifier un meuble ou tester une autre implantation, les difficultés apparaissent.
La seconde a pensé son projet pour qu’il reste lisible et modifiable.
Les éléments sont structurés.
Les groupes et les composants sont utilisés avec logique.
Le fichier est organisé.
Les différentes parties du projet peuvent être affichées, masquées ou modifiées plus facilement.
La différence ne se voit pas toujours sur l’image finale.
Mais elle devient évidente dès que le projet doit évoluer.
C’est l’une des raisons pour lesquelles, dans mes
, je ne cherche pas simplement à apprendre aux stagiaires à reproduire une belle image.
Je leur apprends à construire un projet sur lequel ils pourront réellement continuer à travailler.
Groupes et composants : pas de la technique pour la technique
Lorsque l’on débute sur SketchUp, certains outils peuvent sembler abstraits.
Pourquoi créer un groupe ?
Pourquoi utiliser un composant ?
Pourquoi organiser son fichier ?
Pourquoi ne pas simplement dessiner et avancer ?
Parce qu’un projet professionnel n’est pas une image figée.
Un groupe permet, par exemple, de déplacer un meuble sans déformer le sol ou le mur voisin.
Un composant devient particulièrement utile lorsqu’un élément est répété dans un projet ou doit être réutilisé.
Une organisation claire permet de retrouver rapidement les différentes parties du modèle et de travailler avec davantage de souplesse.
Mais je ne crois pas beaucoup à l’apprentissage de fonctions isolées de leur contexte.
Dans mes formations, je préfère expliquer un outil au moment où il devient réellement utile dans le projet.
On ne crée pas un groupe « parce qu’il faut apprendre les groupes ».
On le crée parce que l’on veut pouvoir déplacer, modifier ou organiser un élément sans abîmer le reste du modèle.
Cette différence peut sembler minime.
Elle change pourtant profondément la manière d’apprendre.
SketchUp comme outil de conception en décoration intérieure
SketchUp n’est pas seulement un logiciel permettant de représenter une idée déjà décidée.
Il peut devenir un véritable outil de réflexion.
Faut-il ouvrir davantage la cuisine ?
Conserver cette cloison ?
Créer un meuble sur mesure ?
Déplacer la salle à manger ?
Prévoir davantage de rangements ?
Modifier la circulation entre l’entrée et le séjour ?
Voici un exemple concret : à partir d’un espace existant SketchUp permet de tester une nouvelle organisation, de vérifier les volumes et de construire progressivement une proposition d’aménagement et de décoration intérieure.

L’espace existant avant le travail de conception : une configuration réelle à analyser avant de repenser l’agencement et la décoration.

La modélisation 3D permet de tester une nouvelle organisation de l’espace, le mobilier, les matières, les couleurs et l’ambiance avant réalisation.
Dans un projet d’aménagement intérieur, la 3D permet de vérifier les volumes et de confronter une idée à l’espace réel.
Dans un projet de décoration intérieure, elle permet aussi de comparer des ambiances, de travailler les matières, les couleurs, les textures, le mobilier et la perception générale du lieu.
Mais encore faut-il que le modèle soit suffisamment bien construit pour autoriser ces essais.
Un fichier trop fragile finit par limiter la créativité.
Un fichier organisé permet au contraire de tester, comparer, revenir en arrière et affiner.
SketchUp en décoration intérieure : un véritable outil de conception.
C’est ici que mon expérience d’architecte d’intérieur en activité influence directement ma manière d’enseigner SketchUp.
Un projet peut être très séduisant à l’écran et mal fonctionner dans la vie quotidienne.
Une circulation trop étroite.
Une porte qui entre en conflit avec un meuble.
Un passage insuffisant autour d’une table.
Un canapé trop imposant pour la pièce.
Un dressing généreux, mais difficile à utiliser.
Une cuisine esthétique dont l’organisation devient peu pratique au quotidien.
Une implantation qui fonctionne sur une vue, mais déséquilibre complètement l’espace lorsqu’on l’observe sous un autre angle.
Apprendre SketchUp pour l’aménagement et la décoration intérieure ne consiste donc pas seulement à apprendre à tracer des lignes, pousser des faces ou appliquer des textures.
Il faut aussi apprendre à regarder l’espace.
À se poser les bonnes questions.
À vérifier les proportions.
À anticiper les usages.
À comprendre les circulations.
À faire des choix.
C’est aussi ce que je transmets pendant mes formations : mon expérience du terrain, mes réflexes professionnels, les erreurs que j’ai pu observer et les points de vigilance qui permettent d’améliorer un projet.
Un logiciel ne remplace pas le regard métier.
Mais il peut devenir un outil formidable pour le développer.
Du plan 2D à la 3D… puis de la 3D au plan

Le plan d’état des lieux constitue la base du projet : il permet de comprendre l’organisation existante avant d’envisager les transformations.

Le plan d’aménagement traduit les transformations prévues et permet de communiquer plus clairement les interventions à réaliser.

La 3D permet de vérifier les volumes, les circulations et la cohérence des choix d’aménagement et de décoration intérieure.
Dans la réalité, un projet d’aménagement intérieur ne suit pas une progression parfaitement linéaire.
On peut commencer par un état des lieux et un plan 2D.
Réfléchir à un nouvel agencement.
Passer en 3D pour vérifier les volumes.
Revenir au plan parce qu’une circulation ne fonctionne pas.
Modifier une implantation.
Repasser en 3D.
Travailler ensuite les matières, les couleurs et la décoration.
Puis revenir à des documents plus techniques.
Selon les projets, il peut être nécessaire de produire :
- un plan d’état des lieux ;
- un plan d’aménagement ;
- un plan de démolition ;
- un plan de construction ;
- un plan électrique ;
- des vues cotées ;
- des élévations ;
- des documents de présentation pour le client.
Ces documents peuvent aussi faciliter les échanges avec les entreprises et aider à l’établissement des devis.
C’est pourquoi je considère qu’un projet SketchUp doit être pensé dès le départ comme un outil de travail évolutif, et non comme une simple image 3D.
Pourquoi j’enseigne SketchUp à partir d’un projet concret
J’ai construit ma formation SketchUp de 5 jours autour d’un projet fil rouge d’aménagement et de décoration intérieure.
Ce choix est volontaire.
Je pourrais enseigner les outils les uns après les autres.
Ligne.
Rectangle.
Pousser/Tirer.
Déplacer.
Faire pivoter.
Textures.
Scènes.
Mais connaître une liste de commandes ne signifie pas savoir conduire un projet.
Je préfère que le stagiaire comprenne pourquoi il utilise un outil, à quel moment et dans quel objectif.
Au fil du projet, il apprend à prendre en main SketchUp, organiser son fichier, construire proprement, réfléchir à l’agencement, vérifier les volumes, travailler les matières et les couleurs, créer des vues et présenter son projet.
Les compétences prennent alors du sens parce qu’elles s’inscrivent dans une situation concrète.
Une formation en très petit effectif pour pouvoir réellement s’adapter
Mes formations SketchUp sont organisées avec deux stagiaires maximum.
Ce choix correspond à ma manière d’enseigner.
Je veux pouvoir regarder comment chaque personne travaille.
Identifier rapidement une mauvaise habitude.
Comprendre pourquoi elle perd du temps.
Reprendre un point qui n’est pas acquis.
Adapter certains exercices à son niveau, à son métier ou à son projet professionnel.
Une personne en reconversion vers la décoration intérieure n’a pas exactement les mêmes besoins qu’un professionnel déjà en activité.
Un décorateur peut vouloir mieux présenter ses projets à ses clients.
Un architecte d’intérieur peut chercher à structurer davantage son workflow.
Un professionnel de l’agencement peut avoir besoin de gagner du temps dans ses modifications.
C’est aussi cette adaptation qui donne du sens à une formation en petit effectif.
Formation SketchUp, décoration intérieure et CPF
Pour les personnes qui souhaitent développer leurs compétences professionnelles, certains parcours de formation SketchUp proposés par Lovell Déco peuvent être suivis dans le cadre du Compte Personnel de Formation (CPF).
Selon le parcours choisi, la formation peut intégrer une préparation à la certification ICDL.
L’objectif n’est pas de transformer la formation en préparation théorique à un examen.
Le cœur de mon approche reste concret : apprendre SketchUp à travers un véritable projet d’aménagement et de décoration intérieure, tout en développant une méthode de travail plus professionnelle.
Avant l’entrée en formation, j’échange avec chaque futur stagiaire afin de mieux comprendre son niveau, son expérience, ses difficultés et son projet.
Apprendre SketchUp, mais surtout apprendre à travailler juste
On peut connaître beaucoup de commandes sur SketchUp.
On peut télécharger de beaux objets.
On peut appliquer des textures.
On peut produire une image séduisante.
Mais le jour où le client demande une autre proposition, tout dépend de la manière dont le projet a été construit.
C’est pour cela que je ne veux pas seulement apprendre à mes stagiaires à « faire de la 3D ».
Je veux leur transmettre une méthode.
Une manière de construire un projet clair, organisé, modifiable et cohérent.
Une manière d’utiliser SketchUp comme un véritable outil au service de l’aménagement et de la décoration intérieure.
Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas seulement :
« Est-ce que ma 3D est jolie ? »
Mais aussi :
« Si mon client change d’avis demain, est-ce que je peux faire évoluer mon projet sans tout recommencer ? »